Valoriser l'identité africaine à travers les industries créatives constituera une vraie source d'espoir pour une jeunesse en mal de repères. Tel est le plaidoyer auquel se livre Sally Alassane Thiam, le président de l'ONG Afrique patrimoine, président de la Commission réparation et restitution du congrès de Lomé de l'Union africaine et par ailleurs candidat au poste de sous-directeur général pour la culture de l'Unesco.
Dans un contexte mondial où les identités culturelles sont à la fois menacées et revendiquées avec plus de force, l'Afrique dispose d'un atout considérable : la richesse et la diversité de son patrimoine. Des manuscrits de Tombouctou aux masques dogons, des tissus kente aux musiques afrobeat, le continent recèle un trésor culturel dont la valorisation pourrait transformer des millions de vies.
Pour Sally Alassane Thiam, l'Unesco représente le cadre multilatéral idéal pour conduire cette transformation. « Il ne s'agit pas seulement de protéger le passé, mais de faire du patrimoine africain un levier de développement économique, social et humain pour l'avenir », explique-t-il. Son programme pour la sous-direction générale pour la culture place les industries créatives africaines au cœur d'une stratégie de rayonnement international.
La question des restitutions reste également centrale. La France a récemment voté une loi facilitant le retour de biens spoliés, une avancée saluée mais jugée insuffisante par de nombreux acteurs culturels africains. L'Unesco, en tant qu'institution internationale, dispose de la légitimité et des outils pour accélérer ce mouvement à l'échelle mondiale.



