Trente ans. C'est le temps qu'il aura fallu à A'Salfo et à Magic System pour transformer un style musical né dans les cités populaires d'Abidjan en un phénomène culturel panafricain. Le zouglou, cette musique à la fois festive et engagée, portée par des textes qui parlent de la vie quotidienne avec humour et lucidité, est devenu bien plus qu'un genre musical : une manière d'être, un regard sur le monde.
À l'occasion de la 18e édition du Femua — le Festival des musiques urbaines d'Anoumabo qu'A'Salfo préside —, Jeune Afrique a rencontré le leader du groupe le plus célèbre de Côte d'Ivoire. Entre Paris et Abidjan, il orchestre désormais un empire qui va bien au-delà de la musique : production artistique, événementiel, restauration, et une influence diplomatique croissante dans les cercles culturels africains et internationaux.
« La musique nous a tout donné, mais elle nous a surtout appris que la culture est la première richesse d'un peuple », confie-t-il. Magic System a vendu des millions d'albums, rempli des stades sur tous les continents, mais ce qui rend A'Salfo le plus fier, c'est le Femua : un festival qu'il a créé dans son quartier natal pour en faire un événement de rayonnement continental.
Trente ans après leurs débuts, Magic System reste une référence incontournable de la musique africaine, et A'Salfo l'un des entrepreneurs culturels les plus influents du continent.


